LES GRANDS MOMENTS DU SPORT GARDOIS...JEAN PHILIPPE GATIEN SUR LE TOIT DU MONDE EN 1993 A GOTEBORG...VU PAR SON COACH CHRISTIAN MARTIN

"Le score est de 20/16 pour Jean Philippe. C’est le seul moment du match ou il fait deux erreurs. Nos regards se croisent. Il va alors s’appuyer sur son service. A 20/18 il sort un service gagnant. C’est un gros soulagement car il y a eu un peu de peur de se faire remonter"
Ces mots sont de Christian Martin, l’entraîneur du gardois en 1993. Car nous sommes dans cette année si importante pour le sport français. Coincés entre le 15 avril et la victoire européenne du CSP Limoges et le 26 mai date du sacre marseillais pour le seul unique titre français en Champions League, les championnats du monde de Tennis de Table se déroule du 11 au 23 mai à Goteborg en Suède. Moins d’un an avant, l’Alésien, Salindrois pour être plus précis, Jean Philippe Gatien dit Philou a remporté une belle médaille d’argent lors des JO de Barcelone. Ce qui pour le staff de l’équipe de France est une belle performance. "Mais Jean Philippe est déçu d’avoir été battu en finale par le suédois Waldner. Il arrive en Suède pour aller au bout. Pour lui il est impossible de perdre une deuxième fois. Et avant la finale, il ne veut pas être un chat noir. C’est impossible pour lui de perdre une deuxième finale. Les occasions sont rares d’aller en finale" me raconte Christian.
En tant que coach, Christian Martin qui est toujours à la DTN de la fédération française de tennis de table, à la pression. Alors qu’il n’est que l’adjoint du coach de Jean Philippe à Barcelone, il a de suite après les JO pris la succession de celui ci avec cette question: Que faire de mieux que cette médaille d’argent? C’est un vrai soulagement pour lui d’avoir réussi ce rendez vous. Christian se rappelle avoir "réussi à le mettre dans les meilleures dispositions. Les circonstances ont été aussi favorables. On a 5 français au départ de la compétition mais Jean Philippe se retrouve le seul encore en course dès le 3e tour. On a pu se consacrer alors qu’à lui. L’utilisation de la vidéo, même si c’était très primaire par rapport à aujourd’hui, le choix de la bonne tactique et la présence du kiné à ses côtés font parti de ses conditions optimales qui vont l’emmener à la victoire finale. Ça a été un moment très fort du 1er au dernier jour, en émotion, en partage et en travail d’équipe. Pourtant à Goteborg, il est un ton au dessous de Barcelone ou il était au top. Mais dans la tête c'est le meilleur."
Jean Philippe Gatien ne connait pas un tournoi facile, tous les tours ont été accroché. Mais sur tous les points décisif il a été au dessus notamment en finale face au belge Jean Michel Saive. "En finale, il est même assez fatigué. Il pioche physiquement. Si vous regardez la finale, car on la trouve encore sur le net, vous vous en apercevrez" se souvient Christian. A ma question de savoir si il a eu peur à un moment donné, le coach me répond "On a eu peur qu'il perde à tous les matchs tellement ca se jouait à pue de choses". Et il rajoute "en demi finale, face au croate Primorac, il gagne en 5 sets...au mental. En 1/4 de finale face à un belge, il s'en sort au métier. Et en 1/8e de finale face au Biélorusse Samsonov qui deviendra le meilleur joueur européen 3 ou 4 ans plus tard, il a besoin de 4 sets compliqués.
Mais Jean Philippe est comme le dit son coach de l'époque quelqu'un de très intelligent, un gros bosseur, qui se servait de toutes les personnes qu'il avait autour de lui.
"Après ça, il a gardé une motivation et à été très bon. C'est quelqu'un vraiment d'une intelligence rare. Il était de connivence avec tout le staff. Le niveau de jeu était la. L'important pour moi et le staff était de gérer le mieux possible le calendrier avec ces championnats du monde que nous avions coché d'une croix rouge. Grace à lui, les autres joueurs de l'équipe sont devenus une vraie équipe. L'année d’après, les bleus sont devenus champion d'Europe par équipe. Deux ans après, on a quatre joueurs dans les vingt meilleurs mondiaux" se souvient Christian Martin.
Ces championnats du monde ont eu moins d'impact que les jeux olympiques car ils étaient moins médiatiques. La Suède ce n'est pas le pays qui draine le plus de monde en matière de Tennis de Table. Rien a voir avec l'Asie ou l'Allemagne. Mais pour Jean Philippe Gatien, il y a eu un avant et un après Goteborg. Il devient un sportif reconnu. Pendant les 10 ans qui ont suivi, il en a tiré bénéfice. Il a construit sa carrière après, avec ses études et ce n'est pas pour rien qu'aujourd'hui on est venu le chercher pour être le directeur des sports du comité de candidature de Paris 2024.
"A l'image de son papa, c'est quelqu'un de très organisé et un gros bosseur. Il était le seul à toujours faire l'unanimité, quelqu'un de très gentil, de bienveillant. Ses partenaires de l'époque Chila, Eloi ou Legout étaient tous admiratifs de Jean Philippe. Je n'ai jamais eu un souci avec lui, jamais eu un mot plus haut que l'autre, ce fut un réel plaisir de travailler avec lui. Dans un monde sportif ou il y a beaucoup de caractériel, c'était une exception mais il savait ce qu'il voulait et il y est arrivé."



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