LES GRANDS MOMENTS DU SPORT GARDOIS...LA DOUBLE CONFRONTATION FACE A NEUSTADT DU SUN BOUILLARGUES OU QUE SE SERAIT IL PASSÉ SI MURIEL TARRUSSON AVAIT ÉTÉ LA AU MATCH RETOUR?

On est dans la saison 2001/2002. La saison précédente, le SUN AL Bouillargues comme me le dit le président Philippe Garnier, le club a terminé 3e du championnat de France, obtenant un match nul quelques jours avant à Metz et s'est qualifié pour la coupe EHF pour la deuxième fois de son histoire pour cette coupe d'Europe après deux tours en 1994/1995. L'épopée européenne de cette saison 2001/2002 a commencé sans trop de problème face au club belge de Visé puis un premier club autrichien le Wat Funfhaus Vienne. Le 3e tour a donné au club gardois le Mac Donald Wiener Neustadt. Après Vienne capitale de l'Autriche, c'est le club d'une ville de 40000 habitants qui se dresse face au club de ce village de la banlieue de Nîmes. Pour Philippe Garnier, c'est le plus grand moment sportif du club. Un bon souvenir et une sacrée organisation. Un événement lourd à organiser. Et grâce aux bénévoles, ça s'est super bien passé. Il ne faut pas oublier que Bouillargues c'est un petit village de 5000 âmes. Et le club a axé sa communication d'avant match sur ce point la. Délocalisé dans le gymnase Angelo Parisi de Beaucaire, le match aller commence par toutes ces jeunes joueuses qui débarquent lors de l'avant match déguisées en gauloise...ce petit village gaulois qui résiste a toute l'Europe. Pour Hervé Sallafranque qui a suivi cette épopée européenne, il existe chez les dirigeants une petite rivalité, sans haine (beaucoup de joueuses étaient d'ailleurs très copines) avec le voisin du HBC Nimes. Et l'équipe de Bouillargues revendique ce côté atypique de village, différent du club de la capitale gardoise. Après un premier acte beaucairois conclu par un match nul 19/19, les bouillarguaises s'envolent pour l'Autriche...malheureusement sans leur pivot Muriel Tarrusson, véritable fer de lance de l'équipe avec Chantal Maio Roussel, la regrettée Miléna Murat et Rafika Marzouk, un véritable phénomène que Bouillargues est allé chercher dans son pays devenant ainsi le premier club a faire sortir une tunisienne de son pays. En Autriche, l'accueil est fidèle au pays, froid mais le président Garnier se souvient avoir été bien reçu. La suite c'est Aurélie Salles, la petite jeune du groupe, dernière arrivée dans le groupe pour ce déplacement en remplacement de Mézuéla Servier, enceinte de du frère d'Elohim Prandi qui nous la raconte.
"Je faisais partie de l’effectif depuis le début de la saison mais je jouais toujours avec l’équipe réserve, lorsque Mezuéla Servier a dû s’arrêter pour cause de grossesse, j’ai intégré l’équipe…Je devais jouer mon premier match lors du huitième de finale allé qui s’est joué à Beaucaire, hélas la veille du match le staff a réalisé que j’avais besoin d’un passeport pour être inscrite sur les liste EHF…bien sûr moi petite Bouillarguaise qui n’étais jamais allée plus loin que Montpellier, je n’avais pas de passeport…
J’ai donc regardé le match aller des gradins. Il a fallu que je fasse faire mon passeport dans la semaine suivante, c’est ainsi que j’ai pu embarquer dans l’avion en direction de Vienne. Deuxième fois de ma vie que je prenais l’avion, un peu stressée je faisais rire la galerie…Jacques Grandjean qui était un peu mon « papa » du hand a même demandé aux hôtesses qu’elles m’apportent un coloriage pour me détendre et elles l’ont fait. Encore plus stressée qui moi Nathalie Boudin a essayé de négocier avec le club de rejoindre Vienne en minibus avec les dirigeants mais tout le monde a jugé ce voyage trop fatiguant, elle était donc dans l’avion avec nous. Pour la détendre, notre kiné Jean-Marc Gérardy nous a expliqué qu’il était une sorte de « martingale » car il avait déjà eu un accident d’avion avec une équipe de Nîmes olympique (me semble-t-il) quelques années plus tôt et qu’il y avait peu de chance qu’il puisse avoir deux accidents d’avion dans sa vie. 
Ce voyage était vraiment particulier, avec nous, deux entraineurs, un kiné, deux journalistes, dont le célèbre Hervé Sallafranque et toute une délégation de dirigeant du club. C’était à la fois hyper sérieux et encadré, avec une ambiance très « bon enfant ». C’est un peu la recette qui a toujours fait le succès de Bouillargues. 
Arrivé à Vienne, à l’hôtel, il a fallu constituer les chambres, nous avons formé la fameuse chambre glamour « Salles Boudin Coucourde ». Le soir nous avions droit au massage de remise en forme dans les chambres et toujours notre fameux menu sportif du samedi midi « poulet, pâtes, tarte au pomme », depuis cette époque je ne peux plus voir une tarte au pomme !!! 
La tension est montée progressivement le jour du match mais toujours dans la bonne humeur. Moi je n’avais pas vraiment de pression… pour mon premier match il y avait très peu de chance que j’entre en jeu. 
Echauffement des plus sérieux, vient l’heure des hymnes nationaux. Ce moment aurait pu être plein d’émotion mais c’était un enregistrement vraiment affreux de la Marseillaise qui prêtait presque à rire. Comme attendu j’ai vécu la première mi-temps de ce match très serré sur le banc. A la fin de la première période nous encaissions un 6 zéro qui nous amènera à 13-8 à la mi-temps. 
Cette baisse de régime m’a certainement valu un « Aurélie Echauffe-toi ! » de Jacques et Guy (qui étaient deux charismatiques entraîneurs sur le banc, Guy étant CTR n’avait pas le droit d’être sur le banc en championnat, il n’avait le droit que pour la coupe d’Europe).  Je n’ai donc pas entendu le discours des coachs dans le vestiaire, puisque j’ai passé la mi-temps à m’échauffer et à échauffer Laurie, la deuxième gardienne. 
En deuxième mi-temps nous sommes revenues petit à petit à égalité puis le match est resté serré, j’ai même eu le privilège de marquer un but en contre-attaque. Toute ma famille écoutait radio France Nîmes à l’époque, le match était commenté par Hervé et ils ont tous explosé de joie en entendant BUT de « La petite Aurélie Salles » Dixit Hervé. Comment petite, je n’ai rien de « petit » ça se saurait !!! 
J’ai même presque eu la balle de match. Il ne restait que quelques secondes à jouer, Fabienne (qui avait repris la place de Laurie pour la fin du match) fait un arrêt, je pars en contre-attaque, car oui je n’étais pas très grande mais je courrais plutôt vite, Fabienne tente une relance, mais elle n’a pas abouti et le buzzer a retenti … Éliminées pour un petit but !! 
Cruelle déception pour cette équipe qui manquait un peu d’expérience et qui manquait beaucoup de « Muriel Tarrusson » 
L’équipe battant un peu de l’aile en championnat et ne pouvant pas se permettre « d’accuser le coup » de cette défaite, le staff à tout de suite dédramatisé la situation et nous a remobilisé pour ne pas perdre de vue l’objectif de la saison. Le maintien en première division. 
Nous avons donc pu profiter (sans trop d’entrain) de la réception organisée par le club de ZV Mc Donald’s Wr. Neustadt et le lendemain nous sommes rentrées en France en avion, sans avoir pu voir la belle ville de Vienne. Depuis lorsque qu’on me demande es-tu déjà allée en Autriche je réponds oui … il y a un gymnase, pour le reste je ne peux pas dire si c’est beau !
Le cours des entraînements à repris avec acharnement pour décrocher le maintien en première division. Pour ma part, cette saison-là, j’ai visité plusieurs villes, enfin plusieurs gymnases français. J’ai également pu apprécier le confort des bancs de touches, sur lesquels j’ai passé beaucoup de temps. C’est à ce prix que je me suis fait une place, pour obtenir du temps de jeu dès la saison suivante" 
Et cette éternelle question qui restera dans la tête d'Aurélie, du président Garnier avec un peu de regrets et aussi dans les souvenirs d'Hervé Sallafranque, Bouillargues se serait il qualifié avec sa pivot Muriel Tarrusson? Cette dernière qui était en 2002 un des meilleures a son poste, seulement barrée par la légende Véronique Pequeux Rolland a beaucoup manqué à son équipe lors de ce match retour. 








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