PRÉSIDENT TEBIB, QUE FAIS TU PENDANT LE CONFINEMENT?

Le Coronavirus a stoppé net le monde du sport. Et le sport gardois n'a pas été épargné par cela. Plus de compétitions, plus d'entrainement d'équipe. J'ai décidé durant cette période d'aller à la rencontre des sportifs gardois, des coachs gardois, des présidents gardois et des clubs gardois pour savoir comment ils vivent ce moment inédit. Pour conclure cette semaine dédiée aux présidents de club (d'autres viendront quand même lors de prochains interviews), le président de l'USAM Nîmes Gard David Tebib m'a fait l'honneur de répondre à mes questions avec toujours beaucoup de passion.
JS30: Quel est ta situation par rapport à ton club ? Ou es tu? Et dans quel état d’esprit?
DT: Je suis chez moi avec mon épouse et mes filles. On a respecté le confinement de manière stricte. J'ai découvert le monde de la visio, notamment parce que je suis le président de l'union des présidents des clubs et que l'on a beaucoup travailler sur l'issue du championnat de Lidl Starligue.
Le but était d'éviter un éventuel recours d'un club a qui on aurait enlevé une chance. Le but était aussi de protéger les acteurs principaux et de ne léser personne. Ça a fait des journées très occupées. Mon état d'esprit est bon. Il faut se nourrir de positif pour envoyer de l'énergie à ceux qui sont en première ligne et qui font en sorte que le pays ne sombre pas.
JS30: Qu’est ce que ça fait un président pendant une crise comme celle que l’on est en train de vivre?
DT: On travaille de façon collaborative avec les équipes du club. Le but est de garder le lien avec les supporters, les partenaires, les joueurs et le staff. L'USAM c'est une famille. Aujourd’hui cette crise du coronavirus est un drame. Mon rôle est d'être un chef d'orchestre au milieu de tous les gens qui travaillent pour le club. On travaille sur la communication de la saison prochaine qui sera très forte en terme d'émotion. Avec Franck (Maurice), on s'appelle 1 à 3 fois par jour.
Personnellement je veux mettre au service de certaines causes, je suis en train de récupérer pas mal de choses pour faire des dons.
Au final, je suis presque plus actif qu'avant. C'est presque une cellule de crise et j'en profite pour remercier tout le monde au club. On est entré dans un nouveau monde avec de nouvelles manières de faire. Il faut savoir qu'au handball, on en peut pas vivre à huis clos, ce n'est pas viable. On préférera ne pas redémarrer. Le huis clos c'est la mort économique du hand.
JS30: Tu as tes joueurs au téléphone régulièrement? Tu les trouves comment?
DT: Oui bien sur, entraîneurs, staff et tous les joueurs. Pour ces derniers, un appel régulier 1 par 1. On appelle bien sur un peu plus souvent les plus jeunes tel Pado (Aurélien Padolus) ou Romain Tésio et ceux dont les épouses travaillent et qui s'occupent de leurs enfants.
C'est difficile pour tous les joueurs donc on essaye de les appeler une fois par semaine. Bon quand j'ai Rémi (Desbonnet) c'est plus long car il est tellement bavard (éclat de rires)
JS30: Quel bilan fais tu de ces 8 premiers mois de compétitions?
DT: Exceptionnel!!! Téo Paul disait que quand il est arrivé, le club était 10e. Depuis la progression est constante. Chaque année c'est de mieux en mieux et on savoure. On a fait un retour exceptionnel en coupe d'Europe 25 ans après avec Csurgoï qui a été quelque chose de rarement vu. Le bilan est positif. On gagne face à Montpellier, Nantes. On est la seule équipe du Top 5 a avoir joué le PSG et on est 3e. On est devant le MHB. C'est une grande saison avec une satisfaction de régularité. On a eu du caractère, de l'intelligence. On a su comprendre et apprendre de nos erreurs. Le plus dur arrive maintenant même si on a bien travaillé sur le recrutement avec les arrivée de Quentin Minnel, de Vid Kavticnik et Ahmed Hesham. On redémarre un nouveau cycle avec beaucoup d'interrogations due a cette fin de saison tronquée, des difficultés financières mais aussi une saison passionnante avec un  nouveau format de coupe d'Europe mais ça on en reparlera si on peut jouer partout en Europe.
JS30: Quel est ton meilleur moment de ce début de saison et inversement qu’est ce que tu aimerais changer?
DT: Csurgoï c'était incroyable. L'électricité était palpable des le début avec un petit esprit de rébellion par rapport a quelques injustices du match aller. On avait travaillé sur une mise en scène exceptionnelle. Battre Montpellier a eu aussi une belle saveur avec en plus ce scénario incroyable et ce but sur le buzzer de Rémi (Salou) sur une passe de O'Brian (Nyateu)
Forcément la défaite à Créteil fait mal. Malgré tous les signaux on a pas su inverser la tendance. Et pourtant on la voyait arriver. Mais ça a peut être était un mal pour un bien vu la suite...
Le match nul à Toulouse m'a fait mal aussi car on menait tout le match et qu'on s'est fait reprendre. Mais le Fenix est une belle équipe.
JS30: Quel est ton message face à ce Covid19?
DT: Se rappeler de ce que certains auront fait (médical, sécurité, commerçants, etc) en première ligne et qui ne disent rien. Ce monde dans lequel on vit est une cocote minute. On a été rattrapé par un virus qui nous ramène à une solidarité, une entraide. C'est à ce prix la, qu'on ne sombrera pas dans un monde à la Mad Max.

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