SARREAUD TOP20 VÉHICULES LÉGERS/TOP5 T3, ROMAIN DUMAS TERMINE SON DIFFICILE DAKAR

“Ce matin, on ne pensait qu’à une chose, le podium. Une minute ce n’est rien, on était à égalité. Bien sûr, nous n’avions pas toutes les atouts en main mais nous voulions poser cartes sur table et ne rien regretter. En partant entre deux camions, on ne peut pas dire que nous ayons été avantagé, sachant pertinament qu’on souffrirait de la poussière du concurrent parti devant et que celui de derrière remonterait sur nous. On commençait par 20km de dune, avec certaines de niveau 3, de mini montagnes. Encore un bon début, bien calé dans la nav’ et le pilotage. J’arrive maintenant à mieux anticiper si je fais une erreur et surtout comment vite me recaler. Ici, on suiviat les mauvaises traces qui nous aspiraient vers une descente. On a contourné une montagne pour retrouver la trace, rien d’alarmant. Le rythme est vraiment bon, on sent qu’on est dans le vrai mais évidemment, sans savoir comment vont nos adversaires. On double une première fois notre coéquipier Jean Remy Bergouhne en proie à des soucis mécaniques et ce n’est pas la dernière fois que nous nous verrons ! C’est au km95 que la machine s’enraille. Encore et toujours dans ce brouillard artificel soulevé par les concurrents en amont, dans une traversée de rio, on tape une énorme pierre qui nous crève instantément les deux pneus à gauche. Merde … On se gare et immédiatement derrière arrive Jean Remy qui n’hésites pas une seconde à nous jeter une de ses roues neuves et à récupérer notre roue crevée. L’état d’esprit de Jean Remy et Jean est juste génial, ils se sacrifient pour nous. Eux, n’ont plus de joker alors que nous avons encore deux roues neuves. On repart et peu de temps après c’est à nous de nous arrêter à côté du #384. A leur tour de crever ! Mais plutôt que de refaire un échange de bon procédé, il nous dit: « Rester derrière et vous me refilerais ma roue si besoin ». Garé pendant 3min, notre mental change, dans la tête on sait qu’on a perdu notre combat, on vient d’abandonner le podium. De retour en piste on ne roule plus, on y est plus du tout et le rythme a nettement diminué. Il ne nous aura pas fallu plus de 2km dans la poussière pour crever pour la 3ème fois. Cette fois, Jean Remy ne peu pas nous voir et il s’échappe. On sort, en marchant cette fois, pour changer la roue, la motivation n’est plus la même. Finir reste toujours notre objectif de départ qu’on est en passe de réussir mais c’est encore trop tôt, nous n’avons pas encore digéré notre déception de réaliser quelque chose d’encore plus grand. Ca viendra. Marche avant, sur un train de sénateur, mais nous entendons un bruit important qui vient de la transmission, bizarre. Il ne nous reste plus que 30km, on aimerait en profiter mais en tant que compétiteur, pas facile de lâcher nerveusement quand vous vous êtes battus depuis 15 jours. Cette dernière portion de 20km est interminable, horrible et on passe par miracle au travers de ces boules de cailloux énormes au milieu des dunes. Ca tape de partout, les bruits s’emplifient et c’est en retrouvant (j’espère pour la dernière fois) une zone caillouteuse, que nous retrouvons Jean Remy et Jean, en train de changer une roue. Cette fois nous lui donnons une des nôtres et il nous rend la roue la moins endommagée pour la réparer. Je sais, il faut suivre ! En excellent dépanneur, Jean Luc à l’habitude de poser des mèches, un coup de gonfleur et nous revoilà en piste. Comme un mirage persistant, on distingue de nouveau le #384 arrêté ! Oui c’est bien eux, qui sont de  nouveau sur la jante. En fait ils ne se sont pas aperçus qu’ils avaient un train arrière tordu, ce qui faisait toucher le pneu sur l’échappement et le faisait rapidement crever. Il nous dit d’y aller, qu’il se demmerdera et c’est un autre coéquipier qui lui fera don d’une précieuse roue. Voilà nous franchissons la ligne d’arrivée finale. Nous aurions dû exploser de joie, le point rageur mais ce brin de déception est tenace. Le bruit était en fait la transmission avant qui frottait sur le triangle tordu, broyé. Heureusement que l’étape n’était pas longue. A chaud, nous pouvons malgré tout être fiers de cette belle 5ème place, compte tenu de notre expérience limitée à tous les deux sur ce type d’épreuve. Au départ, nous aurions signé des deux mains et deux pieds pour en être là aujourd’hui. Même si nous avons perdu la bataille du podium nous avons gagné bien plus aujourd’hui: de l’expérience et une leçon d’humanité. C’était très fort de se sentir soutenu par un autre concurrent, de ne penser qu’à l’autre, d’oublier son propre résultat. On s’est dépanné à tour de rôle sans arrière pensée, d’autres équipages ne l’aurait pas fait, et ça c’était très fort. Merci encore Jean Remy et Jean ! La première semaine a été presque irréelle en termes de performances mais notre constance a payée. Durant la deuxième, nous avons commis peu d’erreurs mais elles furent lourdes de conséquences. Mais il y a plus important dans la vie: Jean Luc a appris qu’il était grand père pour la deuxième fois et ne languit que d’une chose, rentrer pour embrasser sa petite fille. Il en est de même pour moi et mes 3 amours. Je ne saurais comment remercier chacun d’entres vous pour votre engouement, vos messages d’encouragement, de soutien,de motivation, c’était simplement hallucinant pendant 15 jours et ça a été de loin, le carburant le plus efficace pour tous les deux. Alors un immense merci, j’en ai la chaire de poule !” Même si cette spéciale ne s’est pas passée exactement comme Valentin Sarreaud l’aurait espéré, on ne ressent que très peu de frustration dans le discours du pompiers genolhacois de Bagnols sur Ceze. Lui et son pilote Jean Luc Pisson Ceccaldi, sur leur Zephir, terminent donc à la 5e place de la catégorie T3, le podium s’est joué en peu de temps entre le 3e et le 5e et à la 19e de la catégorie véhicules légers.

Pour Romain Dumas, c’est un Dakar éprouvant qui se termine “ Nous avons terminé notre Dakar Rally avec Gilles et le DXX #315, après 12 spéciales difficiles. C'était intense mais nous avons amener la voiture entière à l'arrivée. J'ai personnellement pris beaucoup d'expérience, Gilles également, l'équipe aussi. Merci à l'ensemble du team RD Limited pour le travail acharné... Et cela ne se limite pas aux derniers jours ou aux dernières semaines, mais bien aux huit derniers mois ! J'ai une pensée pour Alexandre Pesci et Stephan Kuhni, qui n'ont pas pu terminer avec le DXX #351 Rebellion Racing. Ils ont progressé et je suis déçu qu'ils n'aient pas pu rejoindre le podium". L’experimenté pilote Alésien termine à la 43e place de ce Dakar saoudien. 




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