CARNET DE BORD DU POMPIER VALENTIN SARREAUD, COPILOTE DE YOHAN ROSSEL

L'équipage 100% gardois Yohan Rossel et Valentin Sarreaud a remporté la catégorie WRC2 du Rallye de Croatie qui se déroulait du 22 au 25 avril. Sur le podium, les deux gardois, casquettes vissées sur la tête, sont aux anges, le sourire éclatant, les bras levés. Après quelques mots échangés avec le speaker de la course dans un anglais bien cévenol, les deux hommes pouvaient savourer en faisant péter le champagne.  Le pompier Valentin Sarreaud, en poste à Bagnols sur Cèze, n'avait pu participer au rallye de Monte Carlo avec son champion du monde WRC3 de pilote Yohan Rossel car il était sur le Dakar 2022. Il inaugurait donc sa saison 2022 de rallye aux alentours de Zagreb. Première sur le circuit mondial avec le Saint Jeannais réussie. Mais si vous voulez bien, on va faire un petit retour en arrière de quelques jours pour vous faire vivre ce rallye de l'intérieur, comme vous ne l'avez jamais vécu...à travers le carnet de bord du Sergent Chef Valentin Sarreaud...


DIMANCHE 17 AVRIL Après quelques jours de préparation, on est en transit, direction Zagreb. On a décollé de Marseille pour arriver dans l'après midi. le temps de se poser en Craotie et on part au Nord de Zagreb car demain ce sont les "Monday Test", organisés avant les reco officielles de la course

LUNDI 18 AVRIL Pas de lundi de Paques cette année... Ce lundi est réservé à une journée d'essais complète. Notre base d'essai c'est entre trois et quatre kilomètres. Notre team, PH Sport est en forme. Il y a aussi Stéphane Lefevre et sa team DG Sport "On échange beaucoup entre nous, c'est intéressant car on s'entend super bien et on échange sur nos ressentis". Il y aussi Nico Bernardi, un ancien pilote officiel gardois, qui est maintenant responsable de l'équipe de France et du Rallye jeunes. On en profite pour valider notre set-up sur sec car il fait beau mais on sait que les conditions de course seront plus humides. 


MARDI 19 ET MERCREDI 20 Ce sont deux grosses journées de reco. On a droit à deux passages par spéciales, limités à 80 km/h. C'est énormément de travail pour nous deux et pour moi car une fois rentrés a l'hôtel, je dois remettre au propre toutes mes corrections. 

JEUDI 21 On a passé ce qui est le moins plaisant à faire avec les recos. Place aujourd'hui au Shakedown. C'est une sorte de mini séance d'essai organisée par les organisateurs ou tous les pilotes participent. Ca lance vraiment la course. On fait entre quatre et six passages qui permettent de se situer face à la concurrence et de peaufiner nos réglages. On ne fait pas le meilleur temps mais on est pas mal car le Shakedown ce n'est pas ce que l'on préfère. Il y a un gros travail de briefing au retour à l'hôtel pour bien préparer la course.

VENDREDI 22 Ca commence fort avec d'entrée, des spéciales difficiles avec du brouillard. Mais direct, on claque des gros temps. on met beaucoup de monde derrière nous. Perso, pour un retour à ce niveau la, je suis content, c'est rassurant. Les ES1 et ES2 se déroulent sous les mêmes conditions météo et on fait deux scratchs. A la fin de la matinée, on est en tête. On claque un super temps lors de la première spéciale de l'après midi. Après, on est un peu plus dans la gestion. On reste quand même un peu étonné d'avoir une si grosse marge d'avance au soir du premier jour.


SAMEDI 23 Pour commencer, la première spéciale est annulée suite à l'accident de Sollberg. Dans la suivante, on est un peu en dedans. Après ça, on a 90 kilomètres de route à faire pour rejoindre une spéciale dans les montagnes. A notre arrivée, on découvre qu'il y a un épais brouillard. On fait pourtant un super temps et on augmente l'écart. Dans la boucle de l'après midi, le choix des pneus est important. On mise sur des pneus pluie pour assurer sur cette spéciale. On limite la casse. On est un peu déçu car on avait misé sur une spéciale qui est annulé à cause du...brouillard. 

DIMANCHE 24 On choisi des pneus slicks car il n'y a pas de pluie annoncée. Le temps est correct mais des l'arrivée de la deuxième spéciale du jour, grosse pluie avec de fortes averses. Ce n'est pas facile à gérer car on sait que certains de nos concurrents ont monté des pneus pluie. On sait qu'on peut perdre beaucoup de temps à cause de cela. Avec les ingénieurs, on essaye de trouver des solutions techniques. C'est beaucoup de mécaniques et de discussions avec Yo. Mais ça s'avère payant, on fait un gros temps, on arrive même à dépasser des pilotes qui avaient des pneus pluie. Sur le power stage, on assure pour prendre de bons points. 
A l'arrivée, du coup, c'est une grosse joie. C'est de l'émotion, pas mal de pression de rouler à un tel niveau qui ressort. C'est de la bonne émotion, un gros soulagement. Notre travail à payé. On est très content du podium et du résultat final. 

LUNDI 25 Le retour est compliqué. On part à 6h du mat pour arriver à... 1h du mat. Journée passée dans les avions et les aéroports mais grâce à la victoire de la veille, on prend cela avec bonne humeur. Rendez vous maintenant au Portugal dans trois semaines...



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