L'UTMB DE BENJAMIN CODOU ET GILLES SENI

Benjamin Codou et Gilles Seni ont participé tous les deux à l'Ultra Trail du Mont Blanc, l'UTMB. Le Caveiracois et le Généracois ont usé leurs baskets sur la CCC, ses 100 kilomètres et 6000 mètres de dénivelé. Le premier, pensionnaire de l'AC2A Team Trail y a terminé 105e en 13h32 alors que le second a fini 288e en 15h52. Ils nous raconte tous les deux leur exploit d'avoir terminé finisher dans ce qui se fait de mieux sur la planète Trail. 

JS30: Satisfait d'être finisher sur l'UTMB?

Benjamin Codou: C'était la première fois que je m'attaque à une telle distance en ultra. 100 bornes, on passe dans une autre catégorie. Je suis content même si ce n'est pas ce que j'espérais dans un coin de ma tête. Mon temps n'est pas si mauvais, l'an dernier avec le même temps, je finissais 60e mais cette année, la densité de coureur était énorme. L'UTMB, c'est vraiment à vivre. Je voulais voir comment mon corps pouvait réagir à une telle distance. Etre finisher ici, c'est déjà un bel exploit.

Gilles Séni: Oui carrément. C'était mon objectif principal, le chrono ça passe après. Même si dans un coin de ma tête, j'en avais un de référence. Je suis content car quand tu viens à Chamonix, c'est pas pour s'arrêter au 30e kilomètre. 

JS30: Raconte nous un peu ta course?

GS: C'est une chance d'être ici. pendant des mois, tu fais des sacrifices avec des entrainements difficiles...la chaleur, la sècheresse, des terrains différents de ce qu'on trouve la bas. J'ai fait une bonne prépa sans blessures. Je suis dans le sas 1 et je prends un départ plutôt cool, peut-être un peu trop même. Je m'imagine déjà au 80e en me demandant si je serai dans le même état. J'ai tout fait pour être bien au 55e qui est le moment le plus dur de la course. Je suis content de voir ma femme au 1er ravito. Ça fait 7/8h que je suis parti, j'ai pris deux fois la pluie. Je vais voir ma femme et ça, ça compte. Je suis admiratif qui font ça sans assistance. Entre la dernière côte et l'arrivée, je suis euphorique. J'arrive à Chamonix et c'est énorme. L'heure ou la position compte peu à ce moment la, il y a une ambiance de dingue. Moi, c'est 1h du mat et c'est énorme. On l'a fait!!! j'associe ma femme car sans elle...je n'y serai pas arrivé. 


BC: Je suis dans le premier sas avec à côté de moi Jonathan Albon, vainqueur des Templiers l'an dernier. Tu sais à ce moment la que tu pars pour une grosse course. On part de Courmayeur et le départ est rapide. Mes 20 premiers kilomètres se passent bien, j'ai mal aux jambes mais c'est normal. J'ai ressenti une grosse fatigue quasiment tout au long de la course. On attaque les France de trail en mai et j'ai fait quasiment une saison en quatre mois. Ma prépa a été bonne mais au 55e c'est dur pour moi. Heureusement ma compagne est la. Elle assiste à toutes mes courses et elle réussi à me rebooster car je suis au bord de l'abandon. A partir de ce moment la, ça se déroule mieux pour moi, je retrouve l'envie. Sur les ravitos suivants, elle m'a vu avec un autre visage. Si elle n'avait pas été la, je me serai arrêté. J'ai récupéré pas mal de places même si dans la descente finale, je perds un peu de terrain. Je n'étais jamais allé au dessus de 75 kms, je voulais me tester. L'arrivée dans Chamonix, c'est vraiment génial!!!

JS30: Ou aurais tu pu faire mieux?

BC: A 6 kms de l'arrivée, j'étais dans le Top 100. J'ai eu un coup de mou dans la dernière descente. Un Top 100, ça aurait été bien, même si les écarts sont minimes. Je suis plus déçu par rapport au chrono. Avec une meilleure forme, j'aurais pu faire mieux. Il faudra que j'arrive un peu plus frais la prochaine fois et je pense que je me suis un peu préservé. Mais j'ai beaucoup appris notamment sur les habitudes qu'on a sur 60 et qu'on découvre sur 100. 

GS: Je pense avoir été juste et humble. Je me suis dit qu'il fallait voir l'arche d'arrivé...je n'vais que ce but la. Mon chrono est améliorable, c'est sur...Peut-être que j'aurais pu prendre plus de risques au début. passer un peu moins de temps sur les ravitos. Y a moyen de faire mieux avec la crainte de ne aps aller au bout. 

JS30: Qu'est ce qui se passe dans votre tête tout au long d'une course comme celle la?

GS: Ce qui m'est revenu plusieurs fois, c'est de m'imaginer à l'arrivée. Des le 14e, j'ai mal à un genou mais mon cerveau est focalisé sur l'arrivée. je m'imagine au bout. J'ai déjà abandonné au 98e d'un 105 kms et je ne veux pas revivre ça. Il est important de ne pas se voir trop beau avant l'arrivée. J'étais concentré pour aller au bout. 

BC: On passe par tous les états. A part mon coup de mou du 55e, j'ai toujours été serein. Ça m'a même paru bizarre. Quand j'ai voulu arrêter, je savais pourquoi mais je n'ai pas "perdu les pédales". Une fois, ce cap passé, je savais que j'allais finir.

JS30: Que vas tu faire maintenant?

BC: Une bonne semaine de repos. je vais faire du vélo pour reprendre.  On a le TTN a finir avec l'AC2A. Le titre individuel devrait se jouer entre Bastien Jannetta qui est premier, Jérémy Martin second et moi à Gruissan le 6 novembre. Après je ferai normalement la Sainté Lyon que je vais découvrir. Je vais aussi profiter de la belle année que j'ai passé avec l'AC2A.

GS: Quand ça fini bien, c'est toujours plus facile de couper et de prendre du repos. La prépa a été dure donc la je veux prendre du plaisir avec les miens. Je vais couper une dizaine de jours. Je serai pas étonné d'avoir un objectif d'ultra dan sle coin mais pas avant début 2023. et peut-être le relais du Grand Trail Cévenol avec Benjamin...


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